
« Il est insupportable, vaniteux, orgueilleux, brutal., inconstant, humain. Sans lui, je serais mort de décomposition. Abdel m’a soigné sans discontinuité, comme si j’étais un nourrisson. Attentif au moindre signe, présent pendant toutes mes absences, il m’a délivré quand j’étais prisonnier, protégé quand j’étais faible. Il m’a fait rire quand je craquais. Il est mon diable gardien ». L’histoire vraie de la rencontre improbable du riche privilégié tétraplégique et du jeune beur de banlieue a inspiré les réalisateurs Olivier Nakache et Eric Toledano pour leur nouveau film Intouchables, avec François Cluzet et Omar Sy.
282 pages
Bayard Jeunesse
13 octobre 2011
14€16
Il est toujours délicat de juger ce genre d’ouvrage. Autant je n’aurais aucun scrupule à dire que j’ai détesté ou trouvé nul un livre « basique », même si l’auteur y a mis ses tripes.
Autant, quand il s’agit d’un ouvrage autobiographique, mettant en scène la douleur, le ressenti d’une personne, avec ses mots, ses idées, je suis toujours en difficulté.
Tout le monde connait désormais cette histoire, car il s’agit du livre dont est tiré le film Intouchables, qui cartonne tant au cinéma.
C’est d’ailleurs après avoir vu ce magnifique film que j’ai voulu lire le livre, car en général, les livres sont mille fois mieux que les films.
Ici… C’est différent.
Je savais déjà que l’adaptation, tout en restant fidèle à l’esprit du livre, avait changé quelques points.
Je vais parler des côtés négatifs d’abord, afin de m’en débarrasser.
Je n’ai pas retrouvé la magie du film. Déjà parce qu’il y a plusieurs parties assez longues. Les multiples descriptions de l’auteur sur son mal-être depuis la disparition de sa femme, si elles sont compréhensibles, m’ont un peu lassées.
Et pourtant, il est magnifique d’amour, cet homme qui ne peut oublier sa Béatrice!
Ensuite, le style décousu du livre. On passe du coq à l’âne, j’ai souvent été perdue et j’ai du relire certains paragraphes plusieurs fois afin de comprendre.
Si je ne savais pas l’auteur toujours en vie, les derniers chapitres m’auraient fait l’impression d’une écriture post-mortem.
Enfin, même si le résumé et le film laisse entendre que cette histoire est une ode à la relation d’Abdel et Philippe, il n’en est rien dans le livre, car finalement, notre ami aidant n’est que très peu visible. Un seul chapitre se concentre vraiment sur lui sans lui donner pour autant de l’épaisseur, un manque flagrant pour qui aura vu le film.
Dans le livre, Abdel est un maghrébin, certes, mais violent, voleur et qui n’hésite pas à mettre la vie de son patron en danger.
J’avoue avoir été très gêné par cet aspect de cet homme.
D’ailleurs, Philippe Pozzo di Borgo fait part à plusieurs reprises de sa gêne face aux manières de son aidant, et même s’il lui apporte ce côté vivant dans son existence, j’en suis venue à me demander pourquoi il continuait à accepter sa présence.
Cela mis à part, l’écriture est juste magnifique. On sent l’homme cultivé derrière chaque phrase, et mieux, l’homme profondément amoureux et qui vit dans le souvenir de sa défunte épouse.
J’ai été très émue devant cette mise à nu de ses sentiments.
La relation entre Abdel et Philippe, ensuite, et puissamment décrite, malgré le manque d’épaisseur du premier.
On ressent bien ce besoin qu’à Philippe de vivre, presque par procuration, une vie faite d’énergie et d’adrénaline, ce que lui offre généreusement Abdel.
Enfin, une chose que j’ai particulièrement appréciée : l’auteur ne se leurre pas mais ne apitoie pas sur lui même.
S’il passe par des moments de doutes ou de découragement, il n’essaye pas de faire « pleurer dans les chaumières ».
On sent bien que loin d’être un livre sur le handicap, c’est un livre sur l’amour!
Une dernière chose m’a surprise et plu : le fait que l’auteur a décidé d’être proche de ses lecteurs, ce qu’on découvre lors d’une des dernières pages, puisque il nous donne son adresse mail pour que l’on puisse lui poser des questions.
Bref, je suis mitigée sur ce livre. Finalement, il faut prendre le livre et le film pour deux entités différentes qui se complémentent.
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Tags: histoire vraie, Intouchables













