
Transportées aux urgences de l’hôpital de Strasbourg pour un malaise, Angèle Lieby commence à avoir des difficultés à s’exprimer, puis perd connaissance. On la plonge dans un coma artificiel pour l’intuber. Le quatrième jour, elle ne se réveille pas. Or Angèle est consciente et souffre sans pouvoir réagir. Pour le personnel médical, elle est très vite considérée comme morte. Le miracle : une larme.
Le 25 juillet, jour de l’anniversaire de son mariage, sa fille aperçoit une larme au coin de son oeil. Elle avertit le personnel médical qui rétorque que c’est impossible. Puis Angèle bouge le petit doigt. Commence alors une longue période de rééducation qui va durer presque un an. Un cas exceptionnel pour la science. La maladie d’Angèle est le syndrome de Bickerstaff. Il peut se déclencher après une infection aussi commune qu’une rhinopharyngite… Son cas est exceptionnel pour la science. Il fait l’objet de présentations dans divers congrès de médecine et de recherches.
231 pages
ARENES EDITIONS
22 mars 2012
16€15
Voici un témoignage très intéressant sur le coma. En effet, on sait bien peu de choses sur cet état : que ressentent les personnes qui y sont plongés? Est ce qu’elle entendent ce qu’on leur dit? Sont elles conscientes de ce qu’il se passe autour d’elles?
Angèle a un simple mal de tête. Mais elle se sent de plus en plus étrange et décide, avec son mari, de se rendre aux urgences. Là-bas, les choses empirent, et pour éviter des problèmes graves, les médecins prennent la décision de la plonger dans un coma artificiel pendant 48h. Sauf que ce délai passé, elle ne se réveille pas. Coma dépassé, diront les médecins. Qui assènent à son époux que son électro-encéphalogramme est plat, et qu’elle va mourir, qu’il n’y a plus rien à faire.
Ce qui est d’autant plus dramatique quand on apprend qu’elle entend tout. Parfaitement consciente sous cette apparence de « cadavre », Angèle crie en silence pour qu’on ne l’oublie pas, qu’on l’aide à en sortir.
Heureusement, sa fille et son époux ne perdent pas espoir. Et enfin, 2 semaines plus tard, une larme en entendant sa fille lui demander un signe.
Ce témoignage est un formidable coup de poing sur la table pour une reconnaissance des besoins des personnes en état de coma. Angèle explique bien comme, parfois, elle a l’impression de déranger, le manque de parole des soignants, les tests barbares pratiqués sur elle sous prétexte qu’elle est dans le coma et qu’elle ne sent rien…. Ce qui est faut!
Mais au delà du témoignage sur le coma, c’est aussi une formidable leçon d’amour et de courage. 2 ans après les faits, Angèle a récupérée quasiment toutes ses capacités, ce qui était jugé pratiquement impossible par les médecins.
Et tout cela, grâce à l’amour de son époux et de sa fille, amour qui transpire dans toutes les lignes de cet ouvrage.













